jeudi 5 mars 2015

Témoignage : Le Sergent-chef Michel Poinet, pilote de chasse.


Un pilote chef de patrouille, aux plus hautes qualités militaires et professionnelles. 








 Michel Poinet est entré dans l'Armée de l'Air en I949, à tout juste 18 ans et y fera une carrière de 17 années.Sa spécialité d'origine l'amène à côtoyer des pilotes et très vite il veut être aux commandes d'un avion.

Après sa réussite au concours, le stage de pilotage au Canada, le brevet de pilote en I953, il arrive en unité : Algérie, Tunisie, Creil. Dès 1957, il repart en Algérie et se retrouve aux commandes d'un T6. Il est sergent. L'Algérie, c'est la guerre ! Il y effectuera 796 missions de guerre représentant 1622 heures de vol.
Car ce pilote de chasse devient vite un combattant intrépide, un vrai guerrier, volontaire et courageux, imprégné de sa mission. Il sera un brillant pilote, maîtrisant son avion avec une dextérité remarquable. Au mépris de tous les dangers, il harcèle les rebelles, traversant à basse altitude leurs tirs de mitrailleuses et d'armes individuelles. Ses résultats et bilans sont impressionnants.

Mais le 25 Août 1957, son avion est touché, il le ramène au terrain non sans difficulté : le T6 est troué en de multiples endroits. Cette fois est la première... mais pas la dernière, car l'avion du Sergent Michel Poinet sera atteint 10 autres fois en d'autres circonstances, avec parfois l'obligation de se poser dans le djebel, sur le ventre, avec tous les risques et périls que cela comporte. En 1957 le 25 août, en 1958 le 18 juillet et le 8 septembre, en 1959, le 10 janvier, le 9 février, le 19 mars, le I9 mai puis le 5 octobre et en I960 le 23 février. Autant de dates dont se souvient ce valeureux pilote qui chaque fois, a échappé à la mort où à la captivité.


Mais la date du 7 |uin 1960 est celle qui reste la plus gravée dans sa mémoire. Dans le massif des Aurès, pris sous des tirs intenses, le T6 est gravement touché et prend feu : c'est le crash violent, un choc brutal.


Laissons la parole à Michel Poinet : « l'ai réussi à me sortir de l'avion difficilement et au bout d'un certain temps, car ma tête avait heurté le collimateur et j'avais le visage en sang, l'ai trouvé une clairière avec un petit bosquet au milieu, je m'y suis réfugié. Dans le choc, j'avais perdu ma montre et mes cartes. Il me restait mon pistolet Herstal avec un chargeur de 9 cartouches, l'ai décidé que 8 cartouches étaient pour les rebelles et la 9° pour moi, car je ne voulais pas être fait prisonnier. Quelque temps après... j'ai trouvé le temps long, les bombardiers B26 sont arrivés sur zone, puis une Alouette! qui m'a récupéré, j'avais le visage ensanglanté. Les B26 ont procédé à la destruction du T6 et je suis passé par la base où un comité d'accueil m'a chaleureusement accueilli. Arrivé à l'hôpital, j'ai bénéficié... de 30 points de suture au front.
Le 18 luillet, 5 semaines après, le Sergent Michel Poinet reprend les vols et les missions. Parmi ses 8 citations, on relève : « Brillant sous-officier pilote de chasse, qui a suscité l'admiration de ses chefs par sa grande conscience professionnelle et son courage exemplaire. A eu maintes fois l'occasion de se signaler par sa compétence et son ardeur au combat ». « Sous-officier pilote chef de patrouille, qui fait preuve des plus hautes qualités militaires et professionnelles. Volontaire pour toutes les missions, s'est fait remarquer en toutes circonstances par la sûreté et la rapidité de son jugement, la finesse de son pilotage et la précision de ses tirs ».
Lors de son départ à la retraite, il totalise tout près de 4000 heures de vol sur différents types d'avions (Stamp, T6, NIIOI, MS 472, F47, Vampire, Mistral, Ramier, Mystère 2, Broussard et Fouga). Il est chevalier de la Légion d'Honneur, titulaire de la Médaille Militaire, de la Croix de la Valeur Militaire avec 8 citations (4 palmes, 4 étoiles, vermeil, argent et bronze), de la Croix du Combattant et du Titre de Reconnaissance de la Nation.
Sous-Officier exemplaire, le Sergent-Chef Michel Poinet a été choisi pour être porte-drapeau du comité de Rochefort de la Société des Membres de la Légion d'Honneur. Agé de 82 ans, il assure cette mission avec une dignité et un dévouement qui suscitent le respect de tous et font honneur au corps des Sous-Officlers et à notre premier Ordre National.Il est nouvel adhérent de la section FNCR de St. Froult

Article rédigé par Le Colonel (er) Amédée Ossant, Président d'Honneur du Comité de la Société des Membres de la Légion d'Honneur de Rochefort, membre de la S. FNCR de St. Froult.

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